La Configuration actuelle de Saint-Pierre-en-Port remonte au début du XIXème siècle. Auparavant, le village de Saint-Pierre se situe dans le vallon, proche de la mer. Il est habité par une population de marins qui pratiquent la pêche à pied et la pêche côtière, à bord de petites embarcations. Sur le plateau, c'est le hameau de Boulleville, où vivent agriculteurs, commerçants et artisans.

Dans un passé plus lointain, l'homme préhistorique, qui a occupé le plateau, a laissé des traces. En effet, plusieurs haches en pierre polie y ont été découvertes, attestant de la présence humaine à la période néolithique (-8000 à -2500 ans). En 1970, des fouilles archéologiques mettent à jour des sarcophages d'époque mérovingienne (500 à 750 après JC). Au XIIIème siècle, une église est construite à l'emplacement de l'ancien cimetière. A la même période, une chapelle (St Gervais) est érigée sur le plateau de Boulleville (proche de l'actuel château d'eau) Celle-ci sera détruite lors d'un incendie au début du XVIIIème siècle.

Au début des années 1800, la population du vallon commence une lente migration vers le plateau. Les incendies et les orages détruisent régulièrement les modestes maisons des familles de pêcheurs. D'autre part, l'essor de la pêche à Terre-Neuve est grand consommateur de marins qui désertent le village et partent en mer durant neuf mois. On peut alors comprendre que les femmes et les enfants se rapprochent de la population du plateau de Boulleville.

En 1846, Le maire de Saint-Pierre-en-Port, le Comte de Trémauville, fait construire la mairie et l'école de garçons. Trois ans plus tard, il fait démolir l'église du cimetière qui, faute d'entretien est en très mauvais état, et entreprend la construction de l'église actuelle, ne récupérant qu'une partie du porche de l'ancien édifice. On ne parle plus du hameau de Boulleville et la vie s'organise sur le plateau.

Quarante ans plus tard, à l'instar des communes plus importantes telles que Dieppe ou Saint-Valery-en-Caux, le vallon de Saint-Pierre revit à travers le tourisme naissant des bains de mer.

Sur les coteaux, là où paissaient des troupeaux de moutons (près de 900 bêtes en 1845), des résidences secondaires sortent de terre. C'est une période faste pour le village, développement des commerces, de l'artisanat, de l'agriculture, renouveau de la pêche côtière, multiplication des manifestations culturelles.

C'est à cette époque (1883), que sont construits le " Grand Hôtel des Terrasses" et le casino (détruit en 1944 par les Allemands).

La population augmente de manière importante, passant de 1124 habitants en 1876 à 1391 en 1936.

 Joël TRÉPIED